Une campagne de prévention a un problème que les autres films n’ont pas : son sujet inquiète. Parler d’accident vasculaire cérébral, c’est risquer de braquer celui qu’on veut alerter. Le film que nous avons produit pour Pfizer choisit la voie inverse. Pendant quarante secondes, il ne montre ni hôpital, ni statistique, ni visage angoissé. Juste un grand-père et son petit-fils qui plient un avion en papier.
L’idée : une métaphore plutôt qu’une démonstration
Tout le film repose sur un objet, un avion en papier rouge, et sur un geste, celui d’un homme qui porte la main à sa poitrine. Rien n’est expliqué. C’est le carton final qui donne la clé : la trajectoire de l’avion dessine un cœur, et le message tombe, « Contre le risque d’AVC, prenez le bon rythme ».
Ce déplacement est ce qui rend le film efficace. En traitant le rythme cardiaque par une image plutôt que par un discours médical, la campagne parle à quelqu’un qui ne se sent pas concerné. Elle ne demande pas d’avoir peur, elle donne envie de rester là, à cette table.
Le choix de la relation grand-père et petit-fils fait le reste. On ne filme pas un patient, on filme ce qu’il y a à perdre.
Le tournage : un décor, deux comédiens, aucune marge d’erreur
Diriger un enfant
Le film tient entièrement sur la justesse du gamin et sur la complicité entre les deux comédiens. C’est ce qu’il y a de plus difficile à obtenir sur un plateau. Un enfant ne rejoue pas une émotion à la demande, il la donne quand il est à l’aise. Cela suppose un rythme de tournage adapté, peu d’interruptions, et une équipe réduite autour de la table.
Sur ce type de film, la préparation compte moins que la patience. On tourne davantage, on garde ce qui est vrai.
Une lumière naturelle et un décor unique
Presque tout se passe au même endroit : une table, une grande pièce claire, des plantes, un mur turquoise. Ce parti pris impose de créer de la variété avec les valeurs de plan plutôt qu’avec les lieux. Gros plans sur les visages, plan large sur la pièce, vue de dessus sur les mains qui plient le papier.
La lumière naturelle traversante donne au film sa douceur, mais elle bouge au fil de la journée. Il faut la suivre, ordonner le tournage en conséquence, puis rattraper les écarts en étalonnage pour que la scène reste cohérente d’un plan à l’autre.
Le geste, filmé de près
Le pliage de l’avion est filmé plusieurs fois, sous plusieurs angles. Ces plans de mains ne sont pas décoratifs : ils installent le temps qui passe, ce moment partagé qui donne au film son enjeu émotionnel. Ils servent aussi au montage à lier les scènes sans dialogue.
Le carton final : la contrainte des campagnes institutionnelles
Un film de prévention se termine rarement par un simple logo. Ici, il faut faire cohabiter un message, une adresse web et les signatures de Pfizer et de ses partenaires. Cette densité est une contrainte de lisibilité : il faut assez de temps à l’écran pour que le message se lise, sans casser l’émotion construite juste avant.
C’est un moment de montage qu’on travaille autant que le reste du film.
Pourquoi ces campagnes passent par le récit
Un message de santé publique entre en concurrence avec tout le reste de l’attention disponible. L’information seule ne suffit plus à le faire retenir. Le récit, lui, se mémorise et se partage, ce qui prolonge la vie de la campagne bien au-delà de son achat d’espace.
C’est aussi ce qui permet de décliner un même tournage en plusieurs formats, du film long au format court destiné aux réseaux, sans repartir de zéro.
Ce que ce projet dit de notre façon de travailler
Un film comme celui-ci demande de la retenue. Pas d’effet, pas de démonstration, une direction d’acteurs juste et un montage qui laisse respirer. Le savoir-faire ne se voit pas, et c’est précisément le but.
Travailler pour un annonceur comme Pfizer sur un sujet de santé publique impose cette rigueur : la marque garde la vision et la responsabilité du message, nous prenons en charge tout le reste. C’est ce que nous faisons sur chaque production vidéo publicitaire et corporate. Découvrez nos autres réalisations.









